Depuis plus d’un an, des milliers de familles déplacées ont fui les violences dans la province du Lac Tchad pour trouver refuge dans la province de Hadjer Lamis. Elles continuent de vivre dans des conditions précaires, avec un accès limité, voire inexistant, à la nourriture et aux services sociaux de base. Installée dans le village de Doumboulki, Halimé Hisseini, mère de cinq enfants, fait partie de ces chefs de famille qui demandent des solutions durables et dignes. Elle témoigne de la souffrance quotidienne des déplacés, soulignant que les femmes et les enfants sont les plus touchés.
À N’Djilam-Abkhider, Ahmat Djidda, père de huit enfants et chef du site des personnes déplacées, décrit une situation alarmante. Les abris temporaires sont déjà en ruine et les besoins essentiels restent insatisfaits. Les familles manquent de nourriture, d’eau potable, de soins de santé et d’accès à l’éducation, et sont contraintes de consommer l’eau du marigot. La perte des moyens de subsistance aggrave encore la situation. Ancienne cultivatrice, Halimé explique que sa santé s’est dégradée depuis le déplacement. Privée de terres agricoles, elle ne peut plus travailler comme auparavant.

À leur arrivée, le sous-préfet de Karal avait distribué de la nourriture, tandis que l’ONG APSELPA avait apporté une assistance en savon, nattes, vêtements et seaux. Depuis, aucune autre aide n’a été apportée, alors que les besoins continuent d’augmenter et que les nouveaux arrivants sont de plus en plus nombreux.
Depuis octobre 2024, plus de 22 000 personnes déplacées, suivies de 11 000 autres en février 2025, sont arrivées dans une zone qui comptait initialement 200 000 habitants, soit une augmentation de la population de 16,5 %. Selon une étude sur la vulnérabilité alimentaire menée en mars 2025, plus de 216 000 personnes dans la province de Hadjer Lamis souffrent d’une insécurité alimentaire grave. Parmi elles, 185 140 vivent dans le département de Dagana, qui accueille une grande partie des familles récemment déplacées.
Source : OCHA

