A l’occasion de la Journée internationale des travailleurs célébrée ce 1er mai 2026, la Confédération Indépendante des Syndicats du Tchad (CIST), a animé une conférence de presse à NDjamena pour dénoncer la dégradation des conditions de vie des travailleurs et interpeller les autorités sur l’urgence d’agir.
D’entrée de jeu, le secrétaire général de la Confédération indépendante des syndicats du Tchad M. Mahamat Nassouradine Moussa, a rappelé que cette journée, héritée des luttes ouvrières de Chicago en 1886, dépasse le cadre symbolique pour incarner un combat permanent en faveur de la dignité humaine, de la justice sociale et des droits des travailleurs. Il a souligné que la situation actuelle au Tchad appelle à une prise de conscience collective.
Parmi les principales préoccupations évoquées figurent la baisse du pouvoir d’achat liée à la hausse des prix, les retards récurrents dans le paiement des salaires, notamment ceux des enseignants, ainsi que la détérioration du système éducatif. Le responsable syndical a également dénoncé les retenues salariales enregistrées en février 2026 et la précarité croissante de l’emploi, aggravée par le non-respect du Code du travail dans plusieurs secteurs.
Pour ce faire, la Confédération a en outre pointé les difficultés persistantes d’accès à l’eau potable et à l’électricité, qui continuent d’affecter une grande partie de la population. Elle a aussi alerté sur les conflits communautaires récurrents, responsables de pertes en vies humaines et d’un affaiblissement de la cohésion sociale.
Face à ces constats, la CIST appelle le gouvernement à prendre des mesures concrètes et urgentes. Elle plaide notamment pour une revalorisation du point d’indice des salaires des fonctionnaires, le respect strict des engagements pris avec les organisations syndicales, ainsi que la mise en place de mécanismes de soutien aux produits de première nécessité.
Cependant, la CIST demande l’élaboration d’une politique nationale de l’emploi en faveur des jeunes diplômés, le renforcement de la protection sociale, y compris pour les travailleurs du secteur informel, et l’application effective des lois du travail. L’amélioration des conditions des enseignants, le traitement accéléré des dossiers de promotion et de retraite, ainsi que la qualité des services de télécommunications figurent aussi parmi les revendications.
Par ailleurs, la Confédération réaffirme son attachement au dialogue social, tout en avertissant qu’aucune stabilité ni développement durable ne peuvent être atteints sans le respect des droits fondamentaux des travailleurs. Elle appelle à un sursaut collectif pour replacer la justice sociale au cœur des priorités nationales, a-t-il conclu.

