Dans un communiqué publié le 30 juillet 2026, Médecins Sans Frontières (MSF), alerte sur la dégradation de la situation humanitaire dans l’est du Tchad. L’organisation affirme que les réductions de l’aide internationale, ont entraîné des rationnements alimentaires, un manque d’eau et une hausse inquiétante des cas de malnutrition.
Selon le communiqué, depuis janvier 2026, les importantes pénuries de financement, ont contraint le Programme alimentaire mondial (PAM) à réduire de moitié les rations alimentaires distribuées dans cette partie du pays. Entre janvier et juin, MSF a dépisté près de 6 000 femmes enceintes et allaitantes à Adré. Parmi elles, 21,2 % souffraient de malnutrition modérée ou sévère, un taux largement supérieur au seuil d’urgence de 15 %. L’organisation souligne qu’aucun programme structuré de prise en charge de la malnutrition des femmes n’est actuellement disponible, hormis des distributions ponctuelles de farines enrichies lorsque les stocks le permettent.
Pour ce faire, la situation des enfants est également préoccupante. Les admissions pour malnutrition au centre de santé de la ville d’Adré soutenu par MSF, ont augmenté de 30 % entre janvier et avril 2026 par rapport à la même période de 2025. Les difficultés de financement ont réduit l’approvisionnement en aliments thérapeutiques, obligeant les acteurs humanitaires à limiter les traitements à 10 sachets par enfant et par semaine au lieu de 14. Les produits destinés au traitement de la malnutrition aiguë modérée ont également connu des ruptures de stock en mai et juin, tandis que les stocks reconstitués fin juin pourraient être épuisés dès septembre, précise le document.
Face à cette situation, MSF appelle les bailleurs de fonds à financer intégralement et en urgence le Plan de réponse aux réfugiés 2026 ainsi que le Plan de réponse aux besoins humanitaires pour le Tchad. L’organisation demande également aux autorités tchadiennes et au HCR de garantir un accès suffisant à l’eau et à la nourriture avant toute nouvelle opération de relocalisation des réfugiés, estimant que les conditions actuelles mettent les populations en danger.

