Lors d’un point de presse tenu ce samedi 26 juillet 2025 à la Bourse du Travail, les délégués du personnel des entreprises sous-traitantes opérant sur le site pétrolier de Komé 5 (IMI, CIS, TRACTAFRIC, BIBO, TORNADO, TES et GARANTIE) ont dénoncé l’inapplication de la Convention Collective Type de Branche du secteur pétrolier, pourtant légale et en vigueur depuis novembre 2024.
Selon leur porte-parole, M. Kadoumbaye Patrice, la situation constitue une injustice flagrante. Ils sollicitent l’intervention urgente du Maréchal Mahamat Idriss Deby Itno pour faire respecter cette convention, qui vise à instaurer l’équité salariale, la stabilité contractuelle et la protection des travailleurs. La Convention Collective Type, fruit d’un travail conjoint entre le gouvernement et le Syndicat national du secteur pétrolier (PETROSYNAT), a été adoptée par arrêté ministériel le 25 novembre 2024. Elle avait été officiellement présentée aux sociétés pétrolières, appelées à la signer et à engager des négociations dans un délai de 15 jours.
Mais sur le terrain, plusieurs sous-traitants refusent toujours de l’appliquer. Pire encore, les activités syndicales sont entravées, les dialogues sociaux bafoués, et des militaires sont déployés à l’entrée du site de Komé 5 pour empêcher toute réunion syndicale. Une situation qualifiée d’inacceptable par les délégués, au regard des lois tchadiennes et des conventions internationales ratifiées.
Le syndicat PETROSYNAT avait lancé une mise en demeure le 26 avril 2025, suivie d’un préavis de grève. À la demande du ministère du Pétrole, le mouvement a été suspendu dans l’esprit du dialogue social. Pourtant, les employeurs continuent d’évoquer des contraintes financières ou prétendent attendre une autorisation de TPC, bien que la maison mère ait déjà signé ladite convention. « 95 % du travail sur le terrain est effectué par les sous-traitants, aujourd’hui lésés et oubliés », a déploré M. Kadoumbaye.
Par ailleurs, les délégués appellent le Chef de l’État à faire respecter cette convention dans toutes les entreprises concernées. « Il en va de la crédibilité de l’État, du respect de la loi et de la paix sociale dans cette zone stratégique pour l’économie nationale », ont-ils insisté. Ils préviennent qu’en cas de persistance de la situation, ils se réservent le droit d’user de tous les moyens légaux pour faire valoir leurs droits.Tout en réaffirmant leur attachement au dialogue sincère, ils se disent déterminés à refuser l’injustice, l’exploitation et le silence, a-t-il conclu.
Achakir Abdelwakil

